Scène anachronique à Lamentin : bousculade chez un particulier pour... du gaz !
La scène se déroule au lotissement Montalègre où est concentrée une centaine de familles (propriétaires et locataires de résidences individuelles. Nous sommes le mardi 17 février 2009. Oui, en plein XXIème siècle, à l'heure du déjeuner - et un peu après.
Un professionnel conducteur de poids lourd chargé de l'approvisionnement en butane, résidant dans le lotissement, se propose de dépanner les riverains en leur vendant des bouteilles. On le sait : en période de crise, tous les moyens sont bons pour limiter la casse. Sauf que là, pas de facture, mais, force est de reconnaître que le particulier n'est pas roulé : le gaz se vend au prix de vente chez le dépositaire. Il n'est donc pas perdant. L'un dans l'autre, tout le monde est gagnant dans cette démarche du "débouya pa péché" fort usitée aux Antilles.
Arrivé vers 13 H 30, après avoir entendu le tintamarre des bouteilles au sol et sur la benne du camion, je me précipite chez le livreur qui la veille m'avait recommandé de venir à pareille heure. Et là : stupéfaction : une queue longue d'une demi-centaine de personnes débordait de la rue. Certains étaient munis de 3 - 4 bidons bleus. J'ai vite compris que mon affaire se présentait mal, mais perspicace, et surtout inquiet pour la confection des repas des enfants, il fallait prendre son mal en patience et suivre la file.
Sous une pluie batante, après trois bons quart d'heures d'attente - d'espoirs - ponctués de "kokangn" (incivilités), j'ai fait partie d'un groupe d'une trentaine de personnes reparties "la queue entre les pattes", rechargé de ma bouteille vide.
En fait, trop "humaniste", j'ai été victime de "l'instinct de survie - pénurie" propre à l'Antillais qui quelquefois se suréquipe pour ne pas connaître la raréfaction de produits de base.
Il eut été impossible et malvenu de le clamer, compte tenu du caractère impromptu de l'opération. Et puis dans ce comportement "tiersmondiste" d'après cyclone, cela aurait l'allure d'une banalisation de l'attitude irresponsable de mes compagnons fortunés, quand bien même le chauffeur livreur eut été bien inspiré de filtrer la file qui s'était vite diluée en marée humaine; voire limiter la vente à une bouteille par individu quand bien même certains argumentaient le déplacement pour des personnes âgées totalement démunies de gaz et d'électricité...
J'ai donc eu moins de chance que cette dame qui - travaillant aux Abymes, a fait un déplacement de 20 km pour s'approvisionner. J'ai tout de même eu à partager mon désarroi avec une riveraine qui revenait pour la 3ème fois... en vain.
En pleine crise sociale, l'instinct de survie a eu raison de la solidarité. Ce n'était plus un "Lyannaj", mais un "chacun pour soi" où l'homme était prêt à écraser son "frère de misère". Comme quoi, l'humain demeure un animal à l'instinct de survie développé. Le bonheur des uns fait toujours le malheur des autres; ce ne sont pas les Derniers Maîtres de la Martinique qui me contrediront.
Je reste grand dans cette mésaventure de n'avoir pas vendu mon âme, au détriment de mes enfants qui auront encore à supporter les valeurs d'humanisme, d'équité et de justice que respecte leur père, quitte à ne pas faire supporter à autrui ce qu'il refuse d'endurer.
Demain je reviendrai, avec la même détermination d'obtenir du gaz, sans chercher à couyonner qui que ce soit. C'est aussi pour ça que je me mobilise dans le mouvement de révolution socio-culturelle que nous vivons.
Pa ban gaz !
La scène se déroule au lotissement Montalègre où est concentrée une centaine de familles (propriétaires et locataires de résidences individuelles. Nous sommes le mardi 17 février 2009. Oui, en plein XXIème siècle, à l'heure du déjeuner - et un peu après.
Un professionnel conducteur de poids lourd chargé de l'approvisionnement en butane, résidant dans le lotissement, se propose de dépanner les riverains en leur vendant des bouteilles. On le sait : en période de crise, tous les moyens sont bons pour limiter la casse. Sauf que là, pas de facture, mais, force est de reconnaître que le particulier n'est pas roulé : le gaz se vend au prix de vente chez le dépositaire. Il n'est donc pas perdant. L'un dans l'autre, tout le monde est gagnant dans cette démarche du "débouya pa péché" fort usitée aux Antilles.
Arrivé vers 13 H 30, après avoir entendu le tintamarre des bouteilles au sol et sur la benne du camion, je me précipite chez le livreur qui la veille m'avait recommandé de venir à pareille heure. Et là : stupéfaction : une queue longue d'une demi-centaine de personnes débordait de la rue. Certains étaient munis de 3 - 4 bidons bleus. J'ai vite compris que mon affaire se présentait mal, mais perspicace, et surtout inquiet pour la confection des repas des enfants, il fallait prendre son mal en patience et suivre la file.
Sous une pluie batante, après trois bons quart d'heures d'attente - d'espoirs - ponctués de "kokangn" (incivilités), j'ai fait partie d'un groupe d'une trentaine de personnes reparties "la queue entre les pattes", rechargé de ma bouteille vide.
En fait, trop "humaniste", j'ai été victime de "l'instinct de survie - pénurie" propre à l'Antillais qui quelquefois se suréquipe pour ne pas connaître la raréfaction de produits de base.
Il eut été impossible et malvenu de le clamer, compte tenu du caractère impromptu de l'opération. Et puis dans ce comportement "tiersmondiste" d'après cyclone, cela aurait l'allure d'une banalisation de l'attitude irresponsable de mes compagnons fortunés, quand bien même le chauffeur livreur eut été bien inspiré de filtrer la file qui s'était vite diluée en marée humaine; voire limiter la vente à une bouteille par individu quand bien même certains argumentaient le déplacement pour des personnes âgées totalement démunies de gaz et d'électricité...
J'ai donc eu moins de chance que cette dame qui - travaillant aux Abymes, a fait un déplacement de 20 km pour s'approvisionner. J'ai tout de même eu à partager mon désarroi avec une riveraine qui revenait pour la 3ème fois... en vain.
En pleine crise sociale, l'instinct de survie a eu raison de la solidarité. Ce n'était plus un "Lyannaj", mais un "chacun pour soi" où l'homme était prêt à écraser son "frère de misère". Comme quoi, l'humain demeure un animal à l'instinct de survie développé. Le bonheur des uns fait toujours le malheur des autres; ce ne sont pas les Derniers Maîtres de la Martinique qui me contrediront.
Je reste grand dans cette mésaventure de n'avoir pas vendu mon âme, au détriment de mes enfants qui auront encore à supporter les valeurs d'humanisme, d'équité et de justice que respecte leur père, quitte à ne pas faire supporter à autrui ce qu'il refuse d'endurer.
Demain je reviendrai, avec la même détermination d'obtenir du gaz, sans chercher à couyonner qui que ce soit. C'est aussi pour ça que je me mobilise dans le mouvement de révolution socio-culturelle que nous vivons.
Pa ban gaz !
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