19 févr. 2009

DE L'UTILITE DE LA MOBILISATION

A quoi bon se mobiliser pour défendre les revendications qui ne vous concernent même pas ?
Il est triste d'entendre des voix dénoncer l'individualisme de la société tout en fustigeant les porte paroles d'un mouvement social, pour des revendications dont la satisfaction ne les touchent pas.
Quel intérêt aurai-je à soutenir la plate-forme du Collectif dont le principal point est l'augmentation des salaires à hauteur de 200 € ? Aucun. Je le répète : AU CUN ! De même pour l'application du RSA ou encore les mesures pour le logement social. Ou plutôt mon unique satisfaction sera de voir des personnes atteindre un niveau supérieur d'aisance financière qui réduira le fossé entre les nantis et les autres.
La division de l'opinion publique a toujours été mise au devant pour arrêter les grèves. Ce sont les mêmes sortes d'individus qui ont tiré à boulets rouge sur le mouvement syndicalo-politique, en 1935, lors de la grève générale en France. Au final, avec les mesures adoptées par le Front Populaire, on les voit se satisfaire des Congés Payés et autres Conventions Collectives qu'ils pensaient utopiques, car populistes.

Pour perdurer dans le système capitaliste, le bonheur individuel doit être subordonné au bien être collectif. Une des garanties de la paix sociale ou de la sécurité collective est l'accès aux richesses pour tous. Il faut alors changer les mentalités, les bouleverser, car l'individualisme s'explique par la volonté de préserver le bien matériel ou le privilège acquis. Ephémère bonheur matériel à répartir.

Arrêter le mouvement, notamment nous, "FONCTIONNAIRES, assurés de percevoir nos salaires", comme souvent avancé ? Non, non, et NON !!!
Quelle que soit la suite que prendra la mobilisation - pour faire retomber la tension - la lutte continuera... Sous une autre forme, parce que l'EXPLWATASYON ne cessera malgré les mots doux que SARKOZY a prononcés cet après-midi.

L'Ecole buissonnière

Dilemne ce matin. Répondre à l'appel à manifester ou poursuivre mon "Accompagnement" scolaire au groupe de 7 élèves relativement volontaires et attentifs aux rappels et conseils que je leur dispense ?
J'ai finalement opté pour le second choix. Faire école buissonnière dans ce contexte de désertion du cadre purement scolaire aurait remis en question l'engagement que j'ai entrepris depuis le début de la semaine.
Profiter de cette session d'échanges avec des Lycéens pour certes me remettre en activité, mais aussi pour expliquer les enjeux du combat pour les Guadeloupéens de demain.
A ce sujet, je reviens à la responsabilité des enseignants tant décriée par l'opinion publique.
Il est indéniable que notre place est dans les salles de cours, même si nous sommes concernés par une partie des revendications du L.K.P. - en tout cas pas salariales. Ne pas s'associer à la mobilisation relève de la complicité avec la "Pwofitasyon".
C'est pourquoi nous nous mobilisons aux côtés des élèves non autonomes pour les soutenir dans la préparation de leur programme scolaire.
Cette grève a pu mettre en lumière l'implication de parents responsables. et ceux qui se complaisent à se proclamer dépassés par le niveau d'exigence de leur programme.

18 févr. 2009

Jacques BINO, siempre

La mémoire de ce syndicaliste abattu a envahi les esprits et les rues de la capitale économique de la Guadeloupe. En effet, malgré le manque d'essence, les craintes de troubles éventuels, mais aussi la fatigue, nous étions un bon cortège de manifestants à défiler silencieusement pour saluer le dévouement de cet agent des Impots qui a été froidement abattu la veille.
Pour y arriver, il a fallu moins de 15 minutes à vitesse très réduite, pour parcourir une distance qui d'habitude nécessitait 5 de plus. Les événements de la veille avaient créé une certaine psychose, et ce n'est pas le motard des Services de Renseignements croisé sur la route avec son drôle de casque qui aurait pu m'affirmer le contraire.
Arrivé à Pointe à Pitre, c'est un spectacle de désolation qui s'offrait à mes yeux : routes à demi barrées, on circulait sur une voie, véhicules renversés sur la chaussée, carcasses calcinées. La scène des films que le cinéma nous diffuse. J'étais loin d'imaginer autant de stigmates d'une violence urbaine aussi intense. L'Etat de (non) droit tant décrié par le Préfet, est là.
Quoi qu'il en soit nous étions revenus pour signifier notre soutien aux proches tant familliaux que syndicaux du camarade descendu, et pour lui faire savoir que notre solidarité ne pouvait suspendre à défaut de stopper l'élan auquel il était adhérent : le combat continue, et ce, malgré la solution que la Sinistre de l'Outre-Mer a apporté au peuple Guadeloupéen : l'envoi de 4 escadrons de gendarmes mobiles supplémentaires. Comme quoi elle n'a rien compris, ou plutôt elle se fout de notre gueule, à 24 H d'une réunion entre les Parlementaires Antillais et le petit plus haut personnage de l'Etat. Tous sauf un : Eric JALTON qui a toujours apporté son soutien au mouvement, et qui profitait du rassemblement de ce soir pour faires sa comm., en faisant distribuer des copies d'un communiqué dans lequel il expliquait qu'il ne se rendrait pas à l'Elysée, exigeant que le devoir de l'Etat était de venir règler la crise guadeloupéenne sur le sol de la Guadeloupe. Dans le fond, il n'a pas tort. En revanche, je ne puis cautionner qu'un Député ne se rende à l'Assemblée ou à l'Elysée, lorsque les circonstances l'exigent, surtout lorsqu'on touche de conséquentes indemnités pour cela.

IRRESPONSABLES !

L'Etat U.M.P. répressif ne peut s'absoudre de la dégradation du mouvement entretenue par le Gouvernement.
Mutisme, autisme total de la Ministre de l'Outre-Mer : Michèle ALLIOT-MARIE, qui a envoyé Yves JEGO, son Secrétaire d'Etat et Nicolas DESFORGES au casse pipe, sans compétences pour mettre fin au conflit. Aujourd'hui, à près d'un mois de mécontentement populaire, la Ministre monte au créneau. Il aura fallu un mort pour ça.

L'Etat français est responsable : l'U.M.P. et ses ancêtres du R.P.R., mais aussi P.S. ne sont pas étrangers au drame qui frappe une famille et un peuple à 7 000 km du continent européen.

Responsables, car comment un pays qui se permet d'envoyer des milliers de soldats en Afghanistan sécuriser la population civile afghane n'a-t-il pas déployé les moyens en FONCTIONNAIRES de l'Etat pour sécuriser ce qu'il considère comme les citoyens de la République ?
Cela fait des décennies que l'Etat français aurait dû désarmer les bandes de d'exclus de son système.
On a peine à comprendre qu'un Etat aussi industrialisé, structuré et développé que la France, disposant de services et moyens de renseignements (espionnage)extrêmement perfectionnés aient laissé des armes à feu entre les mains de groupes d'individus incontrôlables.
Comment cet Etat qui contrôle ce que j'écris en temps réel, écoute nos conversations téléphoniques, complète nos fiches d'informations classées "Secret", surveille nos dépenses et déplacements, accepte-t-il que des fauteurs de trouble puissent vendre de la drogue en plein jour, à vue, sur "son" territoire, acheter et vendre des armes à feu ?
Qu'on me fasse croire que ce n'était pas pour casser le mouvement de mécontentement populaire qui pendant 5 semaines a arpenté le bitume guadeloupéen en portant le discrédit sur le Lyannaj Kont Pwofitasyon !

Je ne pourrai qu'excuser ceux qui prétendent le contraire.

Et le Président du Conseil Régional de Guadeloupe, Victorin LUREL, sur Radio Caraïbes International ce matin exhorte les dirigeants du L.K.P. d'arrêter ou suspendre le mouvement, les rendant responsables de la montée de l'insécurité. Il n'a eu aucun respect pour ces mères de familles, ces jeunes qui ont abattu des km pour réclamer ce à quoi ils ont droit : dignité et justice sociale. Il eut été plus sage d'appeler le Collectif, le patronat et l'Etat à venir sans tarder à la table des négociations que je jeter la responsabilité sur ceux qui portent la voix du peuple. Dire que j'aurai pu voter pour Victorin LUREL par défaut...

Quoi qu'il en soit, le sniper qui a abattu BINO hier soir aurait pu être engagé parmi les troupes d'élite du GIGN. Atteindre au thorax un homme circulant en voiture, cherchant à "forcer un barrage" érigé par des personnes à priori sans formation militaire, relève de l'exploit, à moins que le tir ait été effectué à courte distance.

Un mort, mais aussi des outils de production (entreprises) appartenant au Groupe HAYOT, mais aussi à des Guadeloupéens pour rien ? Preuve que les fauteurs de troubles ont agi aveuglément.
Tout ça, parce que l'Etat n'a pas validé le texte que son représentant avait auparavant accepté avec les partenaires de négociation du 8 février 2009; Mesdames - Messieurs les cumulards de mandats politiques, vous êtres RESPONSABLES du CRIME CONTRE LA GUADELOUPE !

MAMBLO VS NEG

Même si nous devons déplorer un décès - certains diront qu'il s'agit d'un dommage collatéral - nous ne devons pas cesser de porter à la connaissance de ceux qui seraient parachutés sur ce blog, les informations que la presse ne diffuse pas forcément.
Nous vous proposons le courrier d'Alex LOLIA, membre dirigeant de la C.T.U. (Centrale des Travailleurs Unis).

Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police. Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination.
J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.
Je suis un combattant aux mains nues ! Or en face de nous, les forces de police n’ont pas hésité à nous agresser sauvagement. Avec des camarades de l’U.G.T.G. et de la C.T.U., nous faisions tout pour calmer le jeu et encadrer les manifestants qui étaient pour la première fois venus nous apporter leur soutien. Nous avons vu tomber sur nous une véritable tornade de coups de matraque alors que nous avions déjà quitté les abords de la route nationale. Les « mamblo » nous ont pourchassés dans les ruelles de Belle-Plaine et même dans la mangrove, ils n’ont pas abandonné leur traque. C ‘est ainsi que j’ai compris qu’ils n’étaient pas seulement venus lever des barrages mais qu’ils étaient venus « casser du nègre » comme ils l’ont dit eux-mêmes. Ils m’ont encerclé et frappé. Je dois vous préciser ce qu’ils m’ont dit car je veux que vous compreniez à qui nous avons affaire. Lors que je recevais des coups de pieds dans le ventre et que je me traînais par terre, voilà ce qu’ils m’ont dit : « On a vu ta sale gueule à la télé, on va te la casser et tu ne pourras plus la montrer. On va vous casser sales nègres, chiens de nègres ! » J’ai vu qu’ils traînaient par les cheveux, une femme du quartier qui manifestait son indignation lorsqu’ils m’ont frappé. Ma seule arme a été de crier, d’hurler ce qui a provoqué la colère des habitants du quartier. C’est comme cela que j’ai pu en réchapper. Je ne sais ce qui est advenu de cette dame et je lui envoie, de mon lit, mon salut militant. Je la remercie d’avoir eu le courage, elle qui m’a sauvé avec les voisins du quartier. On dit que les Guadeloupéens sont des lâches mais voilà un exemple d’engagement et de courage. Je demande aux militants de resserrer les liens, de s’armer de courage, de renforcer la mobilisation. Il faut encore élargir nos rangs et approfondir notre combat. C’est toute la Guadeloupe qui est derrière nous. La victoire est à portée de mains. Nous avons écrit une belle page dans le combat pour l’émancipation : la liberté commence aujourd’hui !
Du fond de mon lit d’hôpital, je dis à tous mes frères : « Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé ! »

Alex LOLLIA / Pointe-à-Pitre, le 17 Février 2009

Un version non confirmée, comme on se doute, par les autorités policières.

MARTYR DE LA LUTTE CONTRE L'EXPLOITATION

5 heures ce mercredi 18 février.
Radio Caraïbes International, sans technicien, le journaliste entre dans le studio pour annoncer ce que l'on craignait :
la mort de Jacques BINO - j'aurai l'orthographe précise de son patronyme plus tard - un militant de la C.G.T.G. (Confédération Générale du Travail de Guadeloupe) et membre du groupe socio-culturel AKIYO, tué par balle, à Pointe-à-Pitre, dans la nuit.
Une balle "perdue", sans doute.
Mais une balle tirée suite à un échange entre les bandes de jeunes incontrôlés et les forces de police.
C'était inévitable, puisque dans la nuit : des affrontements violents opposaient les bandes de jeunes dans plusieurs villes de Guadeloupe.
Arrêter le mouvement ? NON.
Dénoncer le mutisme de l'Etat qui aurait dû prendre les mesures réclamées par le peuple !
Dénoncer la "PWOFITASYON" du patronat guadeloupéen et martiniquais, inflexible face aux demandes sociales du peuple guadeloupéen.

Nous n'écartons pas que le LKP ait sa part de responsabilité dans ce tragique événement. Toutes les hypothèses sont envisageables, comme toujours... Il est clair que la responsabilité du peuple guadeloupéen sera plus importante en cas de reddition dans cette lutte contre l'EXPLWATASYON dans laquelle BINO était engagé.

Un mort en Guadeloupe : un martyr de la lutte pour plus de justice sociale...

17 févr. 2009

PA BAN GAZ !

Scène anachronique à Lamentin : bousculade chez un particulier pour... du gaz !
La scène se déroule au lotissement Montalègre où est concentrée une centaine de familles (propriétaires et locataires de résidences individuelles. Nous sommes le mardi 17 février 2009. Oui, en plein XXIème siècle, à l'heure du déjeuner - et un peu après.
Un professionnel conducteur de poids lourd chargé de l'approvisionnement en butane, résidant dans le lotissement, se propose de dépanner les riverains en leur vendant des bouteilles. On le sait : en période de crise, tous les moyens sont bons pour limiter la casse. Sauf que là, pas de facture, mais, force est de reconnaître que le particulier n'est pas roulé : le gaz se vend au prix de vente chez le dépositaire. Il n'est donc pas perdant. L'un dans l'autre, tout le monde est gagnant dans cette démarche du "débouya pa péché" fort usitée aux Antilles.
Arrivé vers 13 H 30, après avoir entendu le tintamarre des bouteilles au sol et sur la benne du camion, je me précipite chez le livreur qui la veille m'avait recommandé de venir à pareille heure. Et là : stupéfaction : une queue longue d'une demi-centaine de personnes débordait de la rue. Certains étaient munis de 3 - 4 bidons bleus. J'ai vite compris que mon affaire se présentait mal, mais perspicace, et surtout inquiet pour la confection des repas des enfants, il fallait prendre son mal en patience et suivre la file.
Sous une pluie batante, après trois bons quart d'heures d'attente - d'espoirs - ponctués de "kokangn" (incivilités), j'ai fait partie d'un groupe d'une trentaine de personnes reparties "la queue entre les pattes", rechargé de ma bouteille vide.
En fait, trop "humaniste", j'ai été victime de "l'instinct de survie - pénurie" propre à l'Antillais qui quelquefois se suréquipe pour ne pas connaître la raréfaction de produits de base.
Il eut été impossible et malvenu de le clamer, compte tenu du caractère impromptu de l'opération. Et puis dans ce comportement "tiersmondiste" d'après cyclone, cela aurait l'allure d'une banalisation de l'attitude irresponsable de mes compagnons fortunés, quand bien même le chauffeur livreur eut été bien inspiré de filtrer la file qui s'était vite diluée en marée humaine; voire limiter la vente à une bouteille par individu quand bien même certains argumentaient le déplacement pour des personnes âgées totalement démunies de gaz et d'électricité...
J'ai donc eu moins de chance que cette dame qui - travaillant aux Abymes, a fait un déplacement de 20 km pour s'approvisionner. J'ai tout de même eu à partager mon désarroi avec une riveraine qui revenait pour la 3ème fois... en vain.
En pleine crise sociale, l'instinct de survie a eu raison de la solidarité. Ce n'était plus un "Lyannaj", mais un "chacun pour soi" où l'homme était prêt à écraser son "frère de misère". Comme quoi, l'humain demeure un animal à l'instinct de survie développé. Le bonheur des uns fait toujours le malheur des autres; ce ne sont pas les Derniers Maîtres de la Martinique qui me contrediront.
Je reste grand dans cette mésaventure de n'avoir pas vendu mon âme, au détriment de mes enfants qui auront encore à supporter les valeurs d'humanisme, d'équité et de justice que respecte leur père, quitte à ne pas faire supporter à autrui ce qu'il refuse d'endurer.
Demain je reviendrai, avec la même détermination d'obtenir du gaz, sans chercher à couyonner qui que ce soit. C'est aussi pour ça que je me mobilise dans le mouvement de révolution socio-culturelle que nous vivons.
Pa ban gaz !

INTIFADA EN GUADELOUPE

La nuit du 16 au 17 février a confirmé la tendance observée dans la journée : l'affrontement entre les jeunes en rupture avec la société et les forces de répression de l'Etat français défaillant.
La flambée de violence urbaine (dans un espace urbain bien différent de ceux des grandes agglomérations hexagonales, puisqu'ici les villes sont rurbanisées à l'extrême) dénote d'une requalification du mouvement de mécontentement populaire.
Oubliés des revendications (y ont-ils pris part ?...) et bien entendu des négociations, ceux qu'on qualifie péjorativement les "désoeuvrés" ou "insignifiants", ont réagi, à leur manière, avec leurs moyens, à la volonté de (re)prise en mains de la situation par l'Etat français qui a déployé ses forces de répression sur les points stratégiques de circulation que compte le "Département" (tout le monde sait que Nicolas SARKOZY n'est pas opposé à la disparition de cette circonscription administrative créée à la Révolution).
Justement, Révolution. Le mot est lâché. Révolution socio-politique que nous évoquions les jours précédents. Parce que le mouvement que nous vivons déborde le cadre structuré par le monde politico social traditionnel ; les "insurgés" n'obéissant à aucune règle, aucune logique de construction, mais agissant à volonté contre l'ordre social libéral. Aucune récupération politique n'est envisageable, tant leur expression est incontrolable. Sauf peut-être par les esprits conservateurs qui avaient prévu un débordement tant que la répression de la République n'intervenait pour faire "respecter l'Etat de Droit (sic).
Mais quel Etat, sinon défaillant ? Quel Etat, sinon pourrissant une situation spécifique à un pays qu'il n'a jamais compris. La raison colonialiste dénoncée par tant de penseurs aussi bien antillais de français perdure dans la raison d'Etat républicain. Quand cesserez-vous de nous considérer comme des "petits nègres" ?
L'Etat défaillant, comment en avoir confiance ? L'Etat défaillant, que faire d'autre pour espérer l'aboutissement d'une situation confuse ? Sans encourager la violence, on la comprend. L'Etat français, mais aussi les grands capitalistes locaux qui se réfugient derrière lui, auraient pu comprendre qu'un jour ils n'auraient pas la main.
Dans ce rapport de forces disproportionnées, il ne fait aucun doute que la raison finale n'est pas du côté des révoltés, mais comme en Kanaky, en 1988, la mobilisation montre à l'Etat français - que les dernières colonies ne se gèrent plus depuis la Métropole (sic).
tiens JEGO n'est toujours pas revenu en Guadeloupe, lui qui qui se targait de vouloir rester sur place tant que la situation n'était pas réglée, il poursuit les réunions à Paris, avec les socio-professionnels de l'Hexagone (re sic, double sic !
Et dire qu'il n'y a pas si longtemps, il y a un Président de la République qui disait que lorsqu'il y a une grève en France, elle passe inapperçue... Force est de reconnaître que la Guadeloupe n'est pas en France.
Fos Gaoulé nèg pa ti réynyon blan.

16 févr. 2009

(re) pression.

Ce 16 février 2009 restera dans la mémoire collective de ce pays comme le 1er jour de violences, après cinq semaines d'inerties. Jusque-là, le mouvement était exemplaire par son calme et sa détermination à s'imposer par la voix pacifique, mais le Gouvernement colonial a préféré jouer la provocation, incitant des jeunes marginalisés de la société intervenir, avec leur méthode.
De nombreux barrages (dont ceux de La Boucan, à Sainte-Rose et Belle plaine, au Gosier) ont vu les forces de répression de l'Etat, poursuivre, frapper et arrêter une cinquantaine de militants du LKP, dont le Secrétaire de la CTU, conduit aux urgences du CHU.
Alors qu'on penserait la journée terminée, à 22 H 14, un hélicoptère survole le quartier (non loin des événements de Sainte-Rose) rappelant que FILLON et JEGO préfèrent nettoyer le terrain avant de (re)venir en Guadeloupe. Quoi qu'il en soit, SARKO a (enfin) décidé de prendre les choses en main. Le 19 février, il recevra les Parlementaires et Présidents de Collectivités à l'Elisée. Pour le (re)dire quoi ? Qu'il laissera les Guadeloupéens se démerder avec leur Patronat ?...

Aujourd'hui, le Komité Manten pou LKP a mis en place des groupes de travail pour les élèves devant présenter un examen ou un passage à un cycle supérieur.
Succès : plus d'une trentaine de profs ont dégagé un temps et un espace pour gratieusement aider les enfants à s'organiser, en vue de la reprise des cours que chacun espère le plus tôt.
Les parents semblent jouer le jeu, de par leur présence à la Salle des Fêtes, ce matin, à l'occasion de la réunion d'information. Tous niveaux, toutes classes représentés. Il eut été souhaitable que cet élan soit enrichi, une fois la crise passée.
Mon groupe d'élèves pour ce jour (8), a semblé motivé. On attend encore...
Mobilisés, mais pas oisifs. Organisés !

15 févr. 2009

ATTENTION, BLACK OUT !
Alors que nous allons entrer dans la 5ème semaine, après une nouvelle grosse manifestation au Moule, samedi après-midi, suivie d'une communication relative à l'assassinat de 5 Guadeloupéens autour du Cimetière du Moule, le 14 février 1952, nous sommes à la limite de ce qu'un ami appelle "l'état d'urgence".
Si la situation est aussi tendue entre les parties en conflit, avec notamment l'arrivée d'hommes déguisés en bleu foncé et porteurs de casques, boucliers et armés (les forces de répression), il n'y a pas de violence physique exacerbée chez les Guadeloupéens révoltés. La révolte n'est pas l'insurrection, c'est peut être pour ça que l'Etat joue la provocation en vue de réprimer...
Quoi qu'il en soit, il a été dit et répété que le Mouvement LKP ne tombera pas dans le piège de la violence, tout en faisant respecter la dignité du peuple qui réclame légitimement justice et vérité sociales.
Nous n'étions pas nés qu'un certain 24 février 1848, les milliers d'ouvriers français se dirigeaient au Palais des Tuilleries, à Paris, pour déloger LOUIS-PHILIPPE, le Roi des Français, investi 18 ans auparavant. Pourquoi ? Parce qu'il voulait du travail et du pain... Il y en a un qui a tout d'un Roi, qui devrait retenir la leçon.
On vient de nous annoncer que des coupures d'eau et d'électricité sont programmées à partir de lundi. Nous ferons sans, mais cette stratégie est bénéfique à l'équipe SARKOZY qui n'aura plus à contrôler les mails et autres blogs, puisqu'il n'y aura plus Internet pour informer les 63 millions de Français. ça fera un peu de répit pour les membres du Service de Renseignements de l'Etat français qui étaient sur le qui vive depuis leur arrivée massive en Guadeloupe, d'autant qu'ils devaient écouter et lire des conversations en kréyol !
Si les conditions techniques nous le permettent, demain, vous aurez davantage de vérité sur le mouvement.

13 févr. 2009

Vox populi

VOX POPULI. Le peuple est dans la rue, les élus : à la rue.

Telle pourrait être résumée la situation socio-politique des D.F.A. (Départements Français d'Amériques).
Le mécontentement contre l'Etat, les grands capitalistes et autres profiteurs, révèle l'incurie de certains de nos élus "nationaux" cumulards, bien plus rapides à prendre le MANDAT d'une charge politique, qu'à porter devant leurs corrélégionaires du Parlement des priorités du peuple.
Aussi, disons-le crument, ils ont été débordés par ce que Jean-Pierre RAFFARIN aurait appelé : "la Guadeloupe ou Martinique d'en bas".
Au lieu d'un Député, Président de Collectivité, la fronde met des syndicalistes au devant de la scène.
Quoi qu'il en soit, à 4 mois des élections européennes et un peu plus d'un an des élections régionales, les Etats-Majors des partis politiques sont en branle pour communiquer à tout va.
A ce jeu, donnons tout de même un bon point aux partis de Gauche non bourgeois (du P.C.F. aux différents partis révolutionnaires) qui ont osé prendre part aux Collectifs dès leur mise en place, sans attendre que le mouvement prenne de l'ampleur.
Il va de soi que cette grève causera un traumatisme sur l'échiquier politique des deux Antilles françaises. Le peuple n'est peut être pas rancunier, mais il n'a pas la mémoire (des événements marquants) courte.
Demain, grande manifestation du Lyannaj Kont Pwofitasyon au Moule. Fils d'ouvriers, je ne peux renier le milieu qui m'a construit, non pas au nom d'une idéologie, mais en toute conscience que le combat est juste, tout comme celui de janvier - février 1900, sur les habitations martiniquaises, pour 2 francs de salaire de misère.
FILLON, par la voix de JEGO, ont prévenu : l'ordre de la Ré(pression)publique sera appliqué.
Pa ni pwoblèm. Si fok mwen tonbé anba bal lé pwofitè, mwen kay tonbé. Yich mwen pakay kriyé mwen makak !
Je n'ai rien d'autre à gagner que plus de justice pour eux.
Récupération

Que vient faire le Parti Socialiste aux Antilles ce week-end, si ce n'est de la récupération ?
Il a fallu attendre la 4ème semaine de conflit en Guadeloupe et presque la 2ème en Martinique, pour que le parti dirigé par Martine AUBRY décide de s'occuper d'un peu plus près de la grève.
Toutefois, envoyer l'ancien Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer de Lionel JOSPIN - comme les deux Médiateurs de François FILLON - prendre 8 heures de décalage horaire, n'est pas autre chose que de la récupération médiatique. C'est l'occasion pour les seuls médias audibles et visibles (crédibles) dans l'Hexagone de parler d'eux... La réponse de Nicolas SARKOZY ne s'est pas faite attendre : une communication médiatique pour informer de la mise en route "dans les mois à venir" du "Conseil Interministériel de L'Outre-Mer"... Promesse de Campagne. De qui se moque-t-il celui-là ? Sé pa paske nou nwè kon tablo lékol pouy pwan nou pou kouyon ! (Ce n'est pas parce que nous sommes aussi noirs qu'un tableau de classe qu'il doit nous prendre pour des imbéciles)
Revenons au P. S. :
A quoi servent les élus socialistes des Antilles ? Victorin LUREL, Louis-Joseph MANSCOUR, pour ne citer que ces édilités représentants des circonscriptions des Antilles n'auraient-ils aucune crédibilité au sein du groupe P. S. ? C'est peut-être un moyen pour les caciques du parti à la rose de couper l'herbe sous le pied à Ségolène ROYAL, désireuse de revenir au bercail...
Alors qu'on se bat pour le pouvoir d'achat, alors qu'on en est à compter les sous, alors que certains essaient de faire des "ékonomi bout chandèl", voila que les Grands Blancs (non, pas les békés !), ceux de la République, de l'ancienne Métropole, ont de l'argent à jeter en envoyant des émissaires (accompagnés de la presse "nationale") pour nous montrer (leur) raison.
Messieurs, Mesdames de la France continentale : sachez que nous ne sommes ni avant 1848, 1946. Nous sommes au début du XXIème siècle, et beaucoup de choses ont évolué. S'il y a encore beaucoup de "petits nègres" aux Antilles, malgré la disparition de Frantz FANON, Marcel MANVILLE et d'Aimé CESAIRE en Avril dernier, il reste des nègres (ou chaben) de bonne conscience.
Zot pékéy fè sa zot lé...

12 févr. 2009


Pwofitasyon 2

A l'heure où le maintien des postes d'enseignants figure parmi les combats prioritaires à mener contre la Rupture sarkozyste, alors que dans les dernières colonies transformées DOM, COM, CT, POM, on se bat pour dénoncer les pwofitasyons, depuis deux jours, on entend moult propositions de cours particuliers de rattrappage ou de révisions par des enseignants. D'autres se targuent d'envoyer leurs cours et devoirs sur Internet à leurs élèves et encouragent leurs homologues d'en faire autant.
N'est-ce pas se tirer une balle dans le pied ?
Combien d'enseignants possèdent, utilisent et maîtrisent l'outil informatique ; à plus forte raison, internet ? Combien d'élèves ont la possibilité matérielle et financière de réceptionner et expédier le travail ? Que dire de ceux qui n'ont pas la volonté de travailler sur le net, quand on sait que cet outil est avant tout ludique ?
Enfin, alors que l'on dénonce la pwofitasyon, quels sont ceux qui auront le courage de travailler bénévolement, sinon en appliquant des tarifs les plus bas afin de contribuer à l'amélioration du pouvoir d'achat des parents de leurs élèves - clients ?
C'est aussi ça, le L.K.P.

Les petits commerçants profitent bien de la situation !

On retrouve nos deux produits référenciés une semaine plus tard, alors que Yves JEGO s'est entendu avec le Kolektif Lyannaj Kont Pwofitasyon pour faire baisser le prix de produits de l'alimentation de base.
Les prix ont flambé en pleine crise :
Le yarourt est au même prix
le riz basmati a augmenté de 2,45 € !!!

Il faut dire que ce jour-là (jeudi 12 février), la supérette en question accueillait ses clients rideau baissé, par une porte dérobée... Donc, rien d'officiel, sauf le compte de la ménagère qui en prend un sacré coup !

Si ce n'est pas un Krim kont la Gwadloup, qu'on m'explique alors.

Pwofitasyon 1


La Pwofitasyon, à qui profite-elle réellement ?

Voici deux tickets d'achats trouvés sur la voie publique en plein mouvement de grève générale (les 30 janvier et 7 février 2009).
Observez bien le prix du yaourt et du riz basmati.
Aujourd'hui, après 24 jours d'une grève générale en Guadeloupe, le Président de la République Française, omniprésent sur tous les fronts, réagit - brièvement - à la situation sociale grave qui agite le pays. Il possède pourtant une Conseillère à l'Outre-Mer, elle-même originaire de l'archipel.
Quant à la Ministre de l'Outre-Mer, elle a préféré rester à Paris, envoyant son Secrétaire d'Etat (sans grandes prérogatives) se démêler dans la brouille qu'il a attisé.
En fait, le dossier est depuis lundi, géré par le Premier Ministre qui pense qu'en envoyant deux Médiateurs qui ne connaissent rien de la réalité socio-culturelle des Antilles, que le conflit sera rapidement réglé. Le patronat antillais n'est pas celui de la France continentale.
Un peuple qui a faim, est un peuple qui n'entend rien.
Enfin, il ne faudrait pas que les mesures proposées (qui ne sont pas encore signées) favorisent le consumérisme exacerbé par les sociétés de distribution.