Mercredi 4 mars 2009.
20 H 05
44ème jour de grève générale.
L’Accord Global mettant fin au conflit a été signé au Port Autonome de Pointe-à-Pitre.
17 pages finalisant de douloureuses négociations prioritaires.
Reprise officielle du travail décidée par l’Intersyndicale de l’Education membre du Lyannaj Kont Pwofitasyon.
Il est beau, il est gentil, satisfecit général, même si on compte les morts :
Les pertes de chiffres d’affaires
Les licenciements (le MEDEF annonce près de 10 000 suppression d’emplois)
Les dépôts de bilan
Un mort (victime « collatérale », martyrisée : Jacques BINO, syndicaliste à la Confédération Générale des Travailleurs Guadeloupéens, abattu à Pointe-à-Pitre, dans la nuit du 16 au 17 février 2009 par un émeutier qui croyait tirer sur la voiture d’un policier de la Brigade Anti Criminalité (sic)).
Reste à contenir les animosités, afin de ne pas envenimer une situation toujours pas simplifiée, car les Accords Bino sur les salaires (prime de vie chère portant entre 50 et 100 €) ne sera pas appliquée dans toutes les entreprises, alors que la Centrale des Travailleurs Unis exige son application.
Autre problème en suspens : la vie en société, toujours hiérarchisée, toujours hermétique avec une caste inflexible et autiste : la caste des békés qui ne se reconnaît plus sous cette appellation, mais davantage sous celle des « blancs pays » (sic), arguant que les békés sont Martiniquais. Un chat n’est plus félin…
Quoi qu’il en soit, le psycho drame qu’ils viennent de vivre les renforcent dans leur logique communautariste (relayée par les blancs de France) qui comparent la Guadeloupe au Zimbabwe… Ces Maîtres de la Guadeloupe exigent qu’on n’évoque plus le sujet. Tout effacer, comme si rien ne s’était passé, et tout recommencer… comme avant ! Même s’il retombera dans sa frénésie consumériste à outrance, le nègre aurait été félon de s’il tombait dans l’amnésie d’un mouvement sans précédent en Guadeloupe. Amnésique, mais aussi pire : criminel de nier les sacrifices consentis et subis par 450 000 habitants, la lutte en cours des 400 000 Martiniquais et à venir des Réunionnais. Irresponsables pour leurs enfants qui doivent fructifier la semence L.K.P. – sous une forme moins belliqueuse – car la lutte finale est en suspens.
Les Politiques, à tous les niveaux, ont pris une claque. Ils doivent donner un gage de confiance au peuple descendu massivement dans la rue, contre vents et marées pour faire entendre sa souffrance et exiger la démocratie, la vraie.
La pwofitasyon est en suspens, tout comme la grève.
Mais le Guadeloupéen sera-t-il exemplaire dans son comportement pour donner un sens à son combat historique ? Respectera-t-il les règles de la vie en société ? Cessera-t-il de jeter des sommes folles dans l’escarcelle de La Française des Jeux ? Continuera-t-il de vivre à crédit pour du superflu ? Arrêtera-t-il de dégrader son milieu naturel ? Mettra-t-il un terme à la concupiscence, au dédain à l’égard de son prochain ? Aura-t-il une attitude humaniste ?
C’est tout l’enseignement des 44 jours qui ébranlèrent la Guadeloupe que nous devons retenir.
5 mars 2009
19 févr. 2009
DE L'UTILITE DE LA MOBILISATION
A quoi bon se mobiliser pour défendre les revendications qui ne vous concernent même pas ?
Il est triste d'entendre des voix dénoncer l'individualisme de la société tout en fustigeant les porte paroles d'un mouvement social, pour des revendications dont la satisfaction ne les touchent pas.
Quel intérêt aurai-je à soutenir la plate-forme du Collectif dont le principal point est l'augmentation des salaires à hauteur de 200 € ? Aucun. Je le répète : AU CUN ! De même pour l'application du RSA ou encore les mesures pour le logement social. Ou plutôt mon unique satisfaction sera de voir des personnes atteindre un niveau supérieur d'aisance financière qui réduira le fossé entre les nantis et les autres.
La division de l'opinion publique a toujours été mise au devant pour arrêter les grèves. Ce sont les mêmes sortes d'individus qui ont tiré à boulets rouge sur le mouvement syndicalo-politique, en 1935, lors de la grève générale en France. Au final, avec les mesures adoptées par le Front Populaire, on les voit se satisfaire des Congés Payés et autres Conventions Collectives qu'ils pensaient utopiques, car populistes.
Pour perdurer dans le système capitaliste, le bonheur individuel doit être subordonné au bien être collectif. Une des garanties de la paix sociale ou de la sécurité collective est l'accès aux richesses pour tous. Il faut alors changer les mentalités, les bouleverser, car l'individualisme s'explique par la volonté de préserver le bien matériel ou le privilège acquis. Ephémère bonheur matériel à répartir.
Arrêter le mouvement, notamment nous, "FONCTIONNAIRES, assurés de percevoir nos salaires", comme souvent avancé ? Non, non, et NON !!!
Quelle que soit la suite que prendra la mobilisation - pour faire retomber la tension - la lutte continuera... Sous une autre forme, parce que l'EXPLWATASYON ne cessera malgré les mots doux que SARKOZY a prononcés cet après-midi.
Il est triste d'entendre des voix dénoncer l'individualisme de la société tout en fustigeant les porte paroles d'un mouvement social, pour des revendications dont la satisfaction ne les touchent pas.
Quel intérêt aurai-je à soutenir la plate-forme du Collectif dont le principal point est l'augmentation des salaires à hauteur de 200 € ? Aucun. Je le répète : AU CUN ! De même pour l'application du RSA ou encore les mesures pour le logement social. Ou plutôt mon unique satisfaction sera de voir des personnes atteindre un niveau supérieur d'aisance financière qui réduira le fossé entre les nantis et les autres.
La division de l'opinion publique a toujours été mise au devant pour arrêter les grèves. Ce sont les mêmes sortes d'individus qui ont tiré à boulets rouge sur le mouvement syndicalo-politique, en 1935, lors de la grève générale en France. Au final, avec les mesures adoptées par le Front Populaire, on les voit se satisfaire des Congés Payés et autres Conventions Collectives qu'ils pensaient utopiques, car populistes.
Pour perdurer dans le système capitaliste, le bonheur individuel doit être subordonné au bien être collectif. Une des garanties de la paix sociale ou de la sécurité collective est l'accès aux richesses pour tous. Il faut alors changer les mentalités, les bouleverser, car l'individualisme s'explique par la volonté de préserver le bien matériel ou le privilège acquis. Ephémère bonheur matériel à répartir.
Arrêter le mouvement, notamment nous, "FONCTIONNAIRES, assurés de percevoir nos salaires", comme souvent avancé ? Non, non, et NON !!!
Quelle que soit la suite que prendra la mobilisation - pour faire retomber la tension - la lutte continuera... Sous une autre forme, parce que l'EXPLWATASYON ne cessera malgré les mots doux que SARKOZY a prononcés cet après-midi.
L'Ecole buissonnière
Dilemne ce matin. Répondre à l'appel à manifester ou poursuivre mon "Accompagnement" scolaire au groupe de 7 élèves relativement volontaires et attentifs aux rappels et conseils que je leur dispense ?
J'ai finalement opté pour le second choix. Faire école buissonnière dans ce contexte de désertion du cadre purement scolaire aurait remis en question l'engagement que j'ai entrepris depuis le début de la semaine.
Profiter de cette session d'échanges avec des Lycéens pour certes me remettre en activité, mais aussi pour expliquer les enjeux du combat pour les Guadeloupéens de demain.
A ce sujet, je reviens à la responsabilité des enseignants tant décriée par l'opinion publique.
Il est indéniable que notre place est dans les salles de cours, même si nous sommes concernés par une partie des revendications du L.K.P. - en tout cas pas salariales. Ne pas s'associer à la mobilisation relève de la complicité avec la "Pwofitasyon".
C'est pourquoi nous nous mobilisons aux côtés des élèves non autonomes pour les soutenir dans la préparation de leur programme scolaire.
Cette grève a pu mettre en lumière l'implication de parents responsables. et ceux qui se complaisent à se proclamer dépassés par le niveau d'exigence de leur programme.
J'ai finalement opté pour le second choix. Faire école buissonnière dans ce contexte de désertion du cadre purement scolaire aurait remis en question l'engagement que j'ai entrepris depuis le début de la semaine.
Profiter de cette session d'échanges avec des Lycéens pour certes me remettre en activité, mais aussi pour expliquer les enjeux du combat pour les Guadeloupéens de demain.
A ce sujet, je reviens à la responsabilité des enseignants tant décriée par l'opinion publique.
Il est indéniable que notre place est dans les salles de cours, même si nous sommes concernés par une partie des revendications du L.K.P. - en tout cas pas salariales. Ne pas s'associer à la mobilisation relève de la complicité avec la "Pwofitasyon".
C'est pourquoi nous nous mobilisons aux côtés des élèves non autonomes pour les soutenir dans la préparation de leur programme scolaire.
Cette grève a pu mettre en lumière l'implication de parents responsables. et ceux qui se complaisent à se proclamer dépassés par le niveau d'exigence de leur programme.
18 févr. 2009
Jacques BINO, siempre
La mémoire de ce syndicaliste abattu a envahi les esprits et les rues de la capitale économique de la Guadeloupe. En effet, malgré le manque d'essence, les craintes de troubles éventuels, mais aussi la fatigue, nous étions un bon cortège de manifestants à défiler silencieusement pour saluer le dévouement de cet agent des Impots qui a été froidement abattu la veille.
Pour y arriver, il a fallu moins de 15 minutes à vitesse très réduite, pour parcourir une distance qui d'habitude nécessitait 5 de plus. Les événements de la veille avaient créé une certaine psychose, et ce n'est pas le motard des Services de Renseignements croisé sur la route avec son drôle de casque qui aurait pu m'affirmer le contraire.
Arrivé à Pointe à Pitre, c'est un spectacle de désolation qui s'offrait à mes yeux : routes à demi barrées, on circulait sur une voie, véhicules renversés sur la chaussée, carcasses calcinées. La scène des films que le cinéma nous diffuse. J'étais loin d'imaginer autant de stigmates d'une violence urbaine aussi intense. L'Etat de (non) droit tant décrié par le Préfet, est là.
Quoi qu'il en soit nous étions revenus pour signifier notre soutien aux proches tant familliaux que syndicaux du camarade descendu, et pour lui faire savoir que notre solidarité ne pouvait suspendre à défaut de stopper l'élan auquel il était adhérent : le combat continue, et ce, malgré la solution que la Sinistre de l'Outre-Mer a apporté au peuple Guadeloupéen : l'envoi de 4 escadrons de gendarmes mobiles supplémentaires. Comme quoi elle n'a rien compris, ou plutôt elle se fout de notre gueule, à 24 H d'une réunion entre les Parlementaires Antillais et le petit plus haut personnage de l'Etat. Tous sauf un : Eric JALTON qui a toujours apporté son soutien au mouvement, et qui profitait du rassemblement de ce soir pour faires sa comm., en faisant distribuer des copies d'un communiqué dans lequel il expliquait qu'il ne se rendrait pas à l'Elysée, exigeant que le devoir de l'Etat était de venir règler la crise guadeloupéenne sur le sol de la Guadeloupe. Dans le fond, il n'a pas tort. En revanche, je ne puis cautionner qu'un Député ne se rende à l'Assemblée ou à l'Elysée, lorsque les circonstances l'exigent, surtout lorsqu'on touche de conséquentes indemnités pour cela.
Pour y arriver, il a fallu moins de 15 minutes à vitesse très réduite, pour parcourir une distance qui d'habitude nécessitait 5 de plus. Les événements de la veille avaient créé une certaine psychose, et ce n'est pas le motard des Services de Renseignements croisé sur la route avec son drôle de casque qui aurait pu m'affirmer le contraire.
Arrivé à Pointe à Pitre, c'est un spectacle de désolation qui s'offrait à mes yeux : routes à demi barrées, on circulait sur une voie, véhicules renversés sur la chaussée, carcasses calcinées. La scène des films que le cinéma nous diffuse. J'étais loin d'imaginer autant de stigmates d'une violence urbaine aussi intense. L'Etat de (non) droit tant décrié par le Préfet, est là.
Quoi qu'il en soit nous étions revenus pour signifier notre soutien aux proches tant familliaux que syndicaux du camarade descendu, et pour lui faire savoir que notre solidarité ne pouvait suspendre à défaut de stopper l'élan auquel il était adhérent : le combat continue, et ce, malgré la solution que la Sinistre de l'Outre-Mer a apporté au peuple Guadeloupéen : l'envoi de 4 escadrons de gendarmes mobiles supplémentaires. Comme quoi elle n'a rien compris, ou plutôt elle se fout de notre gueule, à 24 H d'une réunion entre les Parlementaires Antillais et le petit plus haut personnage de l'Etat. Tous sauf un : Eric JALTON qui a toujours apporté son soutien au mouvement, et qui profitait du rassemblement de ce soir pour faires sa comm., en faisant distribuer des copies d'un communiqué dans lequel il expliquait qu'il ne se rendrait pas à l'Elysée, exigeant que le devoir de l'Etat était de venir règler la crise guadeloupéenne sur le sol de la Guadeloupe. Dans le fond, il n'a pas tort. En revanche, je ne puis cautionner qu'un Député ne se rende à l'Assemblée ou à l'Elysée, lorsque les circonstances l'exigent, surtout lorsqu'on touche de conséquentes indemnités pour cela.
IRRESPONSABLES !
L'Etat U.M.P. répressif ne peut s'absoudre de la dégradation du mouvement entretenue par le Gouvernement.
Mutisme, autisme total de la Ministre de l'Outre-Mer : Michèle ALLIOT-MARIE, qui a envoyé Yves JEGO, son Secrétaire d'Etat et Nicolas DESFORGES au casse pipe, sans compétences pour mettre fin au conflit. Aujourd'hui, à près d'un mois de mécontentement populaire, la Ministre monte au créneau. Il aura fallu un mort pour ça.
L'Etat français est responsable : l'U.M.P. et ses ancêtres du R.P.R., mais aussi P.S. ne sont pas étrangers au drame qui frappe une famille et un peuple à 7 000 km du continent européen.
Responsables, car comment un pays qui se permet d'envoyer des milliers de soldats en Afghanistan sécuriser la population civile afghane n'a-t-il pas déployé les moyens en FONCTIONNAIRES de l'Etat pour sécuriser ce qu'il considère comme les citoyens de la République ?
Cela fait des décennies que l'Etat français aurait dû désarmer les bandes de d'exclus de son système.
On a peine à comprendre qu'un Etat aussi industrialisé, structuré et développé que la France, disposant de services et moyens de renseignements (espionnage)extrêmement perfectionnés aient laissé des armes à feu entre les mains de groupes d'individus incontrôlables.
Comment cet Etat qui contrôle ce que j'écris en temps réel, écoute nos conversations téléphoniques, complète nos fiches d'informations classées "Secret", surveille nos dépenses et déplacements, accepte-t-il que des fauteurs de trouble puissent vendre de la drogue en plein jour, à vue, sur "son" territoire, acheter et vendre des armes à feu ?
Qu'on me fasse croire que ce n'était pas pour casser le mouvement de mécontentement populaire qui pendant 5 semaines a arpenté le bitume guadeloupéen en portant le discrédit sur le Lyannaj Kont Pwofitasyon !
Je ne pourrai qu'excuser ceux qui prétendent le contraire.
Et le Président du Conseil Régional de Guadeloupe, Victorin LUREL, sur Radio Caraïbes International ce matin exhorte les dirigeants du L.K.P. d'arrêter ou suspendre le mouvement, les rendant responsables de la montée de l'insécurité. Il n'a eu aucun respect pour ces mères de familles, ces jeunes qui ont abattu des km pour réclamer ce à quoi ils ont droit : dignité et justice sociale. Il eut été plus sage d'appeler le Collectif, le patronat et l'Etat à venir sans tarder à la table des négociations que je jeter la responsabilité sur ceux qui portent la voix du peuple. Dire que j'aurai pu voter pour Victorin LUREL par défaut...
Quoi qu'il en soit, le sniper qui a abattu BINO hier soir aurait pu être engagé parmi les troupes d'élite du GIGN. Atteindre au thorax un homme circulant en voiture, cherchant à "forcer un barrage" érigé par des personnes à priori sans formation militaire, relève de l'exploit, à moins que le tir ait été effectué à courte distance.
Un mort, mais aussi des outils de production (entreprises) appartenant au Groupe HAYOT, mais aussi à des Guadeloupéens pour rien ? Preuve que les fauteurs de troubles ont agi aveuglément.
Tout ça, parce que l'Etat n'a pas validé le texte que son représentant avait auparavant accepté avec les partenaires de négociation du 8 février 2009; Mesdames - Messieurs les cumulards de mandats politiques, vous êtres RESPONSABLES du CRIME CONTRE LA GUADELOUPE !
Mutisme, autisme total de la Ministre de l'Outre-Mer : Michèle ALLIOT-MARIE, qui a envoyé Yves JEGO, son Secrétaire d'Etat et Nicolas DESFORGES au casse pipe, sans compétences pour mettre fin au conflit. Aujourd'hui, à près d'un mois de mécontentement populaire, la Ministre monte au créneau. Il aura fallu un mort pour ça.
L'Etat français est responsable : l'U.M.P. et ses ancêtres du R.P.R., mais aussi P.S. ne sont pas étrangers au drame qui frappe une famille et un peuple à 7 000 km du continent européen.
Responsables, car comment un pays qui se permet d'envoyer des milliers de soldats en Afghanistan sécuriser la population civile afghane n'a-t-il pas déployé les moyens en FONCTIONNAIRES de l'Etat pour sécuriser ce qu'il considère comme les citoyens de la République ?
Cela fait des décennies que l'Etat français aurait dû désarmer les bandes de d'exclus de son système.
On a peine à comprendre qu'un Etat aussi industrialisé, structuré et développé que la France, disposant de services et moyens de renseignements (espionnage)extrêmement perfectionnés aient laissé des armes à feu entre les mains de groupes d'individus incontrôlables.
Comment cet Etat qui contrôle ce que j'écris en temps réel, écoute nos conversations téléphoniques, complète nos fiches d'informations classées "Secret", surveille nos dépenses et déplacements, accepte-t-il que des fauteurs de trouble puissent vendre de la drogue en plein jour, à vue, sur "son" territoire, acheter et vendre des armes à feu ?
Qu'on me fasse croire que ce n'était pas pour casser le mouvement de mécontentement populaire qui pendant 5 semaines a arpenté le bitume guadeloupéen en portant le discrédit sur le Lyannaj Kont Pwofitasyon !
Je ne pourrai qu'excuser ceux qui prétendent le contraire.
Et le Président du Conseil Régional de Guadeloupe, Victorin LUREL, sur Radio Caraïbes International ce matin exhorte les dirigeants du L.K.P. d'arrêter ou suspendre le mouvement, les rendant responsables de la montée de l'insécurité. Il n'a eu aucun respect pour ces mères de familles, ces jeunes qui ont abattu des km pour réclamer ce à quoi ils ont droit : dignité et justice sociale. Il eut été plus sage d'appeler le Collectif, le patronat et l'Etat à venir sans tarder à la table des négociations que je jeter la responsabilité sur ceux qui portent la voix du peuple. Dire que j'aurai pu voter pour Victorin LUREL par défaut...
Quoi qu'il en soit, le sniper qui a abattu BINO hier soir aurait pu être engagé parmi les troupes d'élite du GIGN. Atteindre au thorax un homme circulant en voiture, cherchant à "forcer un barrage" érigé par des personnes à priori sans formation militaire, relève de l'exploit, à moins que le tir ait été effectué à courte distance.
Un mort, mais aussi des outils de production (entreprises) appartenant au Groupe HAYOT, mais aussi à des Guadeloupéens pour rien ? Preuve que les fauteurs de troubles ont agi aveuglément.
Tout ça, parce que l'Etat n'a pas validé le texte que son représentant avait auparavant accepté avec les partenaires de négociation du 8 février 2009; Mesdames - Messieurs les cumulards de mandats politiques, vous êtres RESPONSABLES du CRIME CONTRE LA GUADELOUPE !
MAMBLO VS NEG
Même si nous devons déplorer un décès - certains diront qu'il s'agit d'un dommage collatéral - nous ne devons pas cesser de porter à la connaissance de ceux qui seraient parachutés sur ce blog, les informations que la presse ne diffuse pas forcément.
Nous vous proposons le courrier d'Alex LOLIA, membre dirigeant de la C.T.U. (Centrale des Travailleurs Unis).
Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police. Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination.
J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.
Je suis un combattant aux mains nues ! Or en face de nous, les forces de police n’ont pas hésité à nous agresser sauvagement. Avec des camarades de l’U.G.T.G. et de la C.T.U., nous faisions tout pour calmer le jeu et encadrer les manifestants qui étaient pour la première fois venus nous apporter leur soutien. Nous avons vu tomber sur nous une véritable tornade de coups de matraque alors que nous avions déjà quitté les abords de la route nationale. Les « mamblo » nous ont pourchassés dans les ruelles de Belle-Plaine et même dans la mangrove, ils n’ont pas abandonné leur traque. C ‘est ainsi que j’ai compris qu’ils n’étaient pas seulement venus lever des barrages mais qu’ils étaient venus « casser du nègre » comme ils l’ont dit eux-mêmes. Ils m’ont encerclé et frappé. Je dois vous préciser ce qu’ils m’ont dit car je veux que vous compreniez à qui nous avons affaire. Lors que je recevais des coups de pieds dans le ventre et que je me traînais par terre, voilà ce qu’ils m’ont dit : « On a vu ta sale gueule à la télé, on va te la casser et tu ne pourras plus la montrer. On va vous casser sales nègres, chiens de nègres ! » J’ai vu qu’ils traînaient par les cheveux, une femme du quartier qui manifestait son indignation lorsqu’ils m’ont frappé. Ma seule arme a été de crier, d’hurler ce qui a provoqué la colère des habitants du quartier. C’est comme cela que j’ai pu en réchapper. Je ne sais ce qui est advenu de cette dame et je lui envoie, de mon lit, mon salut militant. Je la remercie d’avoir eu le courage, elle qui m’a sauvé avec les voisins du quartier. On dit que les Guadeloupéens sont des lâches mais voilà un exemple d’engagement et de courage. Je demande aux militants de resserrer les liens, de s’armer de courage, de renforcer la mobilisation. Il faut encore élargir nos rangs et approfondir notre combat. C’est toute la Guadeloupe qui est derrière nous. La victoire est à portée de mains. Nous avons écrit une belle page dans le combat pour l’émancipation : la liberté commence aujourd’hui !
Du fond de mon lit d’hôpital, je dis à tous mes frères : « Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé ! »
Alex LOLLIA / Pointe-à-Pitre, le 17 Février 2009
Un version non confirmée, comme on se doute, par les autorités policières.
Nous vous proposons le courrier d'Alex LOLIA, membre dirigeant de la C.T.U. (Centrale des Travailleurs Unis).
Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police. Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination.
J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.
Je suis un combattant aux mains nues ! Or en face de nous, les forces de police n’ont pas hésité à nous agresser sauvagement. Avec des camarades de l’U.G.T.G. et de la C.T.U., nous faisions tout pour calmer le jeu et encadrer les manifestants qui étaient pour la première fois venus nous apporter leur soutien. Nous avons vu tomber sur nous une véritable tornade de coups de matraque alors que nous avions déjà quitté les abords de la route nationale. Les « mamblo » nous ont pourchassés dans les ruelles de Belle-Plaine et même dans la mangrove, ils n’ont pas abandonné leur traque. C ‘est ainsi que j’ai compris qu’ils n’étaient pas seulement venus lever des barrages mais qu’ils étaient venus « casser du nègre » comme ils l’ont dit eux-mêmes. Ils m’ont encerclé et frappé. Je dois vous préciser ce qu’ils m’ont dit car je veux que vous compreniez à qui nous avons affaire. Lors que je recevais des coups de pieds dans le ventre et que je me traînais par terre, voilà ce qu’ils m’ont dit : « On a vu ta sale gueule à la télé, on va te la casser et tu ne pourras plus la montrer. On va vous casser sales nègres, chiens de nègres ! » J’ai vu qu’ils traînaient par les cheveux, une femme du quartier qui manifestait son indignation lorsqu’ils m’ont frappé. Ma seule arme a été de crier, d’hurler ce qui a provoqué la colère des habitants du quartier. C’est comme cela que j’ai pu en réchapper. Je ne sais ce qui est advenu de cette dame et je lui envoie, de mon lit, mon salut militant. Je la remercie d’avoir eu le courage, elle qui m’a sauvé avec les voisins du quartier. On dit que les Guadeloupéens sont des lâches mais voilà un exemple d’engagement et de courage. Je demande aux militants de resserrer les liens, de s’armer de courage, de renforcer la mobilisation. Il faut encore élargir nos rangs et approfondir notre combat. C’est toute la Guadeloupe qui est derrière nous. La victoire est à portée de mains. Nous avons écrit une belle page dans le combat pour l’émancipation : la liberté commence aujourd’hui !
Du fond de mon lit d’hôpital, je dis à tous mes frères : « Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé ! »
Alex LOLLIA / Pointe-à-Pitre, le 17 Février 2009
Un version non confirmée, comme on se doute, par les autorités policières.
MARTYR DE LA LUTTE CONTRE L'EXPLOITATION
5 heures ce mercredi 18 février.
Radio Caraïbes International, sans technicien, le journaliste entre dans le studio pour annoncer ce que l'on craignait :
la mort de Jacques BINO - j'aurai l'orthographe précise de son patronyme plus tard - un militant de la C.G.T.G. (Confédération Générale du Travail de Guadeloupe) et membre du groupe socio-culturel AKIYO, tué par balle, à Pointe-à-Pitre, dans la nuit.
Une balle "perdue", sans doute.
Mais une balle tirée suite à un échange entre les bandes de jeunes incontrôlés et les forces de police.
C'était inévitable, puisque dans la nuit : des affrontements violents opposaient les bandes de jeunes dans plusieurs villes de Guadeloupe.
Arrêter le mouvement ? NON.
Dénoncer le mutisme de l'Etat qui aurait dû prendre les mesures réclamées par le peuple !
Dénoncer la "PWOFITASYON" du patronat guadeloupéen et martiniquais, inflexible face aux demandes sociales du peuple guadeloupéen.
Nous n'écartons pas que le LKP ait sa part de responsabilité dans ce tragique événement. Toutes les hypothèses sont envisageables, comme toujours... Il est clair que la responsabilité du peuple guadeloupéen sera plus importante en cas de reddition dans cette lutte contre l'EXPLWATASYON dans laquelle BINO était engagé.
Un mort en Guadeloupe : un martyr de la lutte pour plus de justice sociale...
Radio Caraïbes International, sans technicien, le journaliste entre dans le studio pour annoncer ce que l'on craignait :
la mort de Jacques BINO - j'aurai l'orthographe précise de son patronyme plus tard - un militant de la C.G.T.G. (Confédération Générale du Travail de Guadeloupe) et membre du groupe socio-culturel AKIYO, tué par balle, à Pointe-à-Pitre, dans la nuit.
Une balle "perdue", sans doute.
Mais une balle tirée suite à un échange entre les bandes de jeunes incontrôlés et les forces de police.
C'était inévitable, puisque dans la nuit : des affrontements violents opposaient les bandes de jeunes dans plusieurs villes de Guadeloupe.
Arrêter le mouvement ? NON.
Dénoncer le mutisme de l'Etat qui aurait dû prendre les mesures réclamées par le peuple !
Dénoncer la "PWOFITASYON" du patronat guadeloupéen et martiniquais, inflexible face aux demandes sociales du peuple guadeloupéen.
Nous n'écartons pas que le LKP ait sa part de responsabilité dans ce tragique événement. Toutes les hypothèses sont envisageables, comme toujours... Il est clair que la responsabilité du peuple guadeloupéen sera plus importante en cas de reddition dans cette lutte contre l'EXPLWATASYON dans laquelle BINO était engagé.
Un mort en Guadeloupe : un martyr de la lutte pour plus de justice sociale...
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