5 mars 2009

LA FIN… POUR UN NOUVEAU DEPART

Mercredi 4 mars 2009.
20 H 05
44ème jour de grève générale.
L’Accord Global mettant fin au conflit a été signé au Port Autonome de Pointe-à-Pitre.
17 pages finalisant de douloureuses négociations prioritaires.
Reprise officielle du travail décidée par l’Intersyndicale de l’Education membre du Lyannaj Kont Pwofitasyon.
Il est beau, il est gentil, satisfecit général, même si on compte les morts :
Les pertes de chiffres d’affaires
Les licenciements (le MEDEF annonce près de 10 000 suppression d’emplois)
Les dépôts de bilan
Un mort (victime « collatérale », martyrisée : Jacques BINO, syndicaliste à la Confédération Générale des Travailleurs Guadeloupéens, abattu à Pointe-à-Pitre, dans la nuit du 16 au 17 février 2009 par un émeutier qui croyait tirer sur la voiture d’un policier de la Brigade Anti Criminalité (sic)).

Reste à contenir les animosités, afin de ne pas envenimer une situation toujours pas simplifiée, car les Accords Bino sur les salaires (prime de vie chère portant entre 50 et 100 €) ne sera pas appliquée dans toutes les entreprises, alors que la Centrale des Travailleurs Unis exige son application.
Autre problème en suspens : la vie en société, toujours hiérarchisée, toujours hermétique avec une caste inflexible et autiste : la caste des békés qui ne se reconnaît plus sous cette appellation, mais davantage sous celle des « blancs pays » (sic), arguant que les békés sont Martiniquais. Un chat n’est plus félin…

Quoi qu’il en soit, le psycho drame qu’ils viennent de vivre les renforcent dans leur logique communautariste (relayée par les blancs de France) qui comparent la Guadeloupe au Zimbabwe… Ces Maîtres de la Guadeloupe exigent qu’on n’évoque plus le sujet. Tout effacer, comme si rien ne s’était passé, et tout recommencer… comme avant ! Même s’il retombera dans sa frénésie consumériste à outrance, le nègre aurait été félon de s’il tombait dans l’amnésie d’un mouvement sans précédent en Guadeloupe. Amnésique, mais aussi pire : criminel de nier les sacrifices consentis et subis par 450 000 habitants, la lutte en cours des 400 000 Martiniquais et à venir des Réunionnais. Irresponsables pour leurs enfants qui doivent fructifier la semence L.K.P. – sous une forme moins belliqueuse – car la lutte finale est en suspens.

Les Politiques, à tous les niveaux, ont pris une claque. Ils doivent donner un gage de confiance au peuple descendu massivement dans la rue, contre vents et marées pour faire entendre sa souffrance et exiger la démocratie, la vraie.

La pwofitasyon est en suspens, tout comme la grève.

Mais le Guadeloupéen sera-t-il exemplaire dans son comportement pour donner un sens à son combat historique ? Respectera-t-il les règles de la vie en société ? Cessera-t-il de jeter des sommes folles dans l’escarcelle de La Française des Jeux ? Continuera-t-il de vivre à crédit pour du superflu ? Arrêtera-t-il de dégrader son milieu naturel ? Mettra-t-il un terme à la concupiscence, au dédain à l’égard de son prochain ? Aura-t-il une attitude humaniste ?

C’est tout l’enseignement des 44 jours qui ébranlèrent la Guadeloupe que nous devons retenir.

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